Hier soir, alors que j'organisais une petite soirée entre amis à la maison, et que nous dissertions du concept de noyau mou (assez bien compris par ailleurs), Poulet lance
un: "De toute façon on est toujours le noyau mou de quelqu'un"
Là dessus, la foule acclame, à grands coups de "oui c'est vrai! ", "Très bien dit", "Il faut noter ça! " etc.
En y réfléchissant mieux, je me dis que en effet, on est bien le noyau mou de quelqu'un: sois-même dès lors que l'on s'est auto-proclamé "noyaute molle"
Mais: et si nous étions
aussi le noyau dur de quelqu'un d'autre??
Là ça devient plus intéressant! Dans ces histoires de noyaux, il ne vous aura pas échappé que l'on parle surtout de ressenti et de jugement personnel vis à vis de sois-même. Donc,
archi pas
objectif.
Mais en contrepartie, les autres de le sont pas non plus, ça marche dans l'autre sens, et là, pof, alors que l'on braille que l'on est molle du noyau,
on se retrouve
de temps en temps quand même à donner l'image d'une dure du noyau.
Exemple: Vendredi soir, je dîne avec des amies, et au cours de la conversation, je glisse que je me suis inscrite à des cours de peinture sur bois.
(Pour vous noyautes, je vous explique qu'il m'a fallu quand même 26 ans avant d'entreprendre cette démarche, regarder sur internet les activités proposées, me dire que je pourrais envisager d'y
participer, me déplacer, faire le chèque etc etc. Ca fait quand même longtemps que je pense faire une activité, sans jamais avoir mis un pied devant l'autre pour concrétiser cette vague idée. Donc
une bonne attitude de mollasse.)
Mais pour les autres, toute cette maturation est invisible! Et par conséquent, j'ai eu droit à un génial:
"Marine, t'es vraiment extraordinaire! Tu m'
impressionnes avec tous tes projets et tes activités!!"
Quelle classe! Alors que je me morfonds en pensant que je ne fais rien de mes soirées et que j'ai un artistiquomètre à ZERO, voilà qu'une amie est ébahie devant mon planning de ministre de la
création manuelle.
Moralité: Tout ça c'est une question de manière de présenter les choses.
Pour finir, et pour vous démontrer ce que je viens de dire, je vous présente mes co-blogueuses sous leur facette noyautes dures. A vous de retrouver qui est qui.
- Editrice en Espagne d'une maison d'édition qui fait de la BD indépendante (=association du côté artiste, bilinguisme, responsabilités)
- Professeur de lettres, pacsée, mec agrégé (=prise en main de sa vie, réussite professionnelle et sociale, mec non-boulet)
- En pleine préparation de l'ENA, mais attention, pas comme tous ces fils à papa, son but à elle, c'est l'international et la dilplomatie (=classe absolue, intelligence, ambition)
- Responsable de com dans une agence, mariage en vue dans 2 ans (= glamour, bobo et Parisianisme, projets d'avenir et mec engagé)
Vous voyez mieux ce que je veux dire?
Une noyaute molle, si elle veut survivre, doit se faire une devanture d'acier. C'est donc ce qu'on a toutes. On peut survivre (et même briller) une soirée, voire deux, mais après faut se tirer vite fait.
Par exemple, faut pas que tu tombes sur un pro de la peinture sur bois, sinon t'es dead.