Nous sommes maintenant ici:
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Une courte anecdote pour illustrer encore une fois par l’exemple la théorie selon laquelle une noyaute molle est beaucoup plus exposée aux risques de la vie que tout autre individu.
Mon argentin (oui, le mec du moving) me tannait pour un dîner français chez moi. Avec cette excuse de l’échange culturel (il promettait de me rendre la pareille en m’invitant à des canelonis made in Argentina), le rapprochement était imminient: on passait la barrière du restau ou du bar du coin de la rue, et en plus la programmation de la soirée était des plus propices aux échanges linguistiques: repas aux chandelles suivi... d’un film d’horreur! (Notez l’originalité de la proposition et l’ado’s touch pour arriver à ses fins).
Mon état d’esprit était le suivant: je suis fraîchement célibataire, il faut que je m’occupe le cerveau, ce mec est plutôt pas mal; mais en même temps c’est le méditerranéen typique, gâté par sa maman et dont la conversation ne vole pas bien haut. Disons que excitation psychologique nulle. Mais excitation hormonale satisfaisante. Conclusion: je l’invite et on verra bien.
à premier constat de mollitude extrême. Ça partait mal.
J’avais mis le paquet pour l’impressionner avec un super plat digne de la haute cuisine française, j’avais même fait péter le champagne, c’est dire. J’avais donc opté pour la devanture de la fille qui assure, avec une forte connotation de séduction, alors que ma volonté réelle de me le taper était loin d’être inébranlable.
à Notez ici la contradiction typique devanture / noyau mou, qui ne laissait rien présager de
bon.
Je vous passe les détails de la soirée, mais en gros au moment de mater le film, je commence à installer le matos dans le salon, et voilà pas que ce con préfère regarder le film dans ma chambre (bizarre quand même).
Moi je lui conte les désavantages de la chambre (notamment la vieille barre en bois du sommier pas très agréable pour mater un film, surtout quand elle te tombe pile au niveau de la nuque), mais au bout de deux secondes, en bonne mollasse que je suis, j’étais installée dans le lit avec lui.
Et là ma devanture s’est fissurée. Il a plus ou moins tenté des approches pendant le film, que j’ai esquivées en toute beauté, de manière ultra naturelle, ce qui fait qu’il s’est finalement decidé à se concentrer sur le film.
Et là le drame est arrivé: le film s’est terminé et, attention roulements de tambours, je me suis retrouvée avec…un argentin ronflant dans mon lit.
Bref, voilà le tableau d’une noyaute molle dans toute sa splendeur: d’une part elle se retrouve toujours embringuée dans des situations plus que douteuses (le lendemain à ma coloc: oui oui on a regardé un film, oui oui il est resté dans mon lit jusquà 3h du mat, mais il s’est rien passé jte jure! Vive la crédibilité).
Et d’autre part ça finit toujours en moyendégueulasse: soit tu veux pas te faire le mec et sous aucun prétexte il
n'aterrira dans ton lit, soit tes hormones sont en ébullition totale et tu sors le grand jeu.
Mais ce mélange champ’- mamie bouillotte est du plus mauvais effet…Vous en conviendrez.
Bon, comme vous l'avez compris si vous suivez avec un minimum d'assiduité ce
blog, quand on est mou du noyau et bien on est mou dans tous les domaines: les hobbies, le boulot, le couple etc...
Il faut savoir que ça s'applique aussi sur le plan moral: une vraie noyaute molle n'a en général
pas de principes durs comme le fer et inamovibles. Elle a biensûr de grandes lignes directrices qu'elle s'est tant bien que mal tracé, mais bon si on gratte un peu ya peu de chance de
trouver un bon terreau de principes catho résistants à toute épreuve.
Je vous livre brièvement deux anecdotes qui illustrent bien mon
propos.
Tout d’abord une soirée passée il y a peu avec Chatounet (peu avant notre
pseudo rupture donc).
Nous voilà partis dans un bar madrilène où travaille une amie à lui. Chatounet m'a plus ou moins expliqué que ce bar n'est pas tout à fait comme les autres. Il semblerait que des couples y
aillent pour faire des rencontres. Mais on en sait pas beaucoup plus, et puis ce ne sera pas forcément le cas de la majorité des clients. Et puis on connaît la nana qui sert les cocktails.
Et puis surtout, moi, en bonne noyaute molle que je suis, tout ça attise ma curiosité et je me dis, "y aller ça mange pas de pain"
(la bonne excuse apanivore de
d'habitude).
Bref, on arrive, je rencontre la nana du bar et son mec, on s’installe avec notre cocktail, on discute, c’est très sympa. Et puis quand-même je demande à la fille (au passage, habillée avec un kilt ras-la-moule un peu style manga), pourquoi il y a si peu de monde, on est en août c’est ça? Et là sa réponse me laisse perplexe: ah non ya plein de monde ce soir. Attendez je vais vous faire visiter le bar.
Et là, tout a basculé. Nous sommes entrés à la queue-leu-leu dans un couloir
étroit derrière la salle principale, et moi j’avais l’impression d’être entrée dans la maison hantée d’un parc d’attraction, vous savez quand on est dans le train de la terreur.
Oui parce que des deux côtés du couloir il y a avait des rideaux, et quand la nana en soulevait un pour nous “faire
visiter”, c’était un peu ah une queue!, ah deux nanas en train de se tripoter!
Heureusement le mec qui te saute dessus avec un masque de mort vivant n’était pas là, mais moi j’étais quand-même prête à esquiver les coups de queue pouvant surgir de derrière les
rideaux.
Au fond du couloir yavait carrément un jacuzzi avec plein d’espagnols en rut dedans, et le pire (mais là je ne suis pas rentrée), une salle obscure où je n’ose même pas imaginer ce qui s’y mijotait.
Bref, on est vite fait retourné dans la salle principale, qui ne laissait pas du tout présager l’arrière du décor.
Et c’est là que je me suis dit que j’étais vraiment une noyaute molle: un lieu pareil, soit tu y vas parce que tous ces trucs d’échangisme et d’orgie ça t’excite grave et tu n’as pas de tabous, tu y vas pour t’éclater avec ton mec et tant mieux; soit tu n’adhères pas du tout, tu dénigres total et tu gerbes rien qu’à l’idée d’y mettre les pieds. Ça c’est quand t’as un noyau de dureté normale.
Et moi, au milieu de ce bouquet de queues, j’ai ressenti un état de flasquitude sans précédents: je n’étais ni enthousiasmée ni écoeurée, je me retrouvais au beau milieu d’une énorme orgie sans vraiment savoir ce que je foutais là. Et je me suis dit: la mollitude me perdra.
La suite de “quand la mollitude nous embringue dans des situations à risques" dans un prochain post.
PS: je ne regrette pas d’être allée dans ce bar au moins pour une chose: à gauche de la salle obscure et du jacuzzi il y avait une salle où des gens bouffaient des croissants, une petite serviette de bain autour de la taille. C’était une scène complètement surréaliste, des mecs qui venaient de se taper une orgie de malade en train de se marrer comme à la récré, dans une ambiance bon enfant. Hilarant.
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